Historique

Historique des sites de rencontres

La question de trouver l’amour ou son âme-sœur ne date pas d’hier. Le tout premier site internet pour trouver une relation sérieuse voit le jour en avril 1993. Mais Internet n’est pas vraiment démocratisé et accessible à tous car la population ne dispose pas encore du matériel adéquat. Alors que l’agence matrimoniale classique est déjà bien implantée en Belgique et en France, ce n’est véritablement que dès 1994 que le paysage des rencontres voit arriver les premiers services de rencontres en ligne.

Des premiers sites aux applications de rencontres

Les salons de chat

Les internautes se tournent en premier lieu vers les ancêtres des forums de discussions, nommés chatrooms (salons de discussion en ligne), sur lesquels ils échangent à propos de tout et n’importe quoi en passant évidemment par des contenus à caractère sexuel, parfois même par des tentatives de rencontres, voire l’espérance de nouer une relation sérieuse à long terme.

C’est d’ailleurs sur une chatroom, celle d’AOL que Tom Hanks et Meg Ryan se rencontrent dans le film culte Vous avez un message. Cette comédie romantique de Nora Ephron (1999) est souvent évoquée dans la littérature comme exemple emblématique du début des rencontres sur Internet.

Les petites annonces

À partir des années 1995, en parallèle aux salons de chat, les petites annonces numériques font leur apparition. Le premier site de rencontres sur le Web entre en scène aux États-Unis : Match.com. Il invente la formule payante, et surtout les « algorithmes » qui promettent de trouver la personne idéale selon les goûts et intérêts des utilisateurs.

Le site est suivi par Housing.com (logement), Jobs.com (emploi) ou encore Autos.com (automobile), tous lancés la même année par l’entreprise Electric Classifieds Inc. Ils sont inspirés du modèle des petites annonces retrouvées dans les journaux papiers, dans un format numérique cette fois. En 2020, cette société est toujours à la tête du marché des rencontres.

Le concept plaît, et d’autres se lancent en Europe pour suivre les traces de Match.com. Parmi les premières plateformes francophones de rencontres, on peut citer Netclub.fr, lancée en 1997. Les femmes ne doivent pas payer, contrairement aux hommes, car ceux-ci sont majoritaires sur Internet et les sites souhaitent veiller à l’équilibre des genres.

Notons que ce genre de problème d’équilibre homme/femme n’a jamais concerné les agences matrimoniales où l’on a toujours retrouvé une proportionné équilibrée des genres (52 % de femmes pour 48 % d’hommes jusqu’à 70 ans, source Easys Rencontres 2019).

Néanmoins, ce problème de proportion des genres n’empêche pas ces nouveaux services internet de mener leurs utilisateurs à des rencontres dans le monde réel. Il faudra cependant attendre les années 2000, marquées par l’avènement du Web 2.0, pour que les sites de rencontres commencent à entrevoir un réel succès (1).

L’avènement des sites européens

Considérablement implanté aux États-Unis et dans les pays anglo-saxons, le site Match.com éprouve toutefois des difficultés à s’imposer en France et en Belgique début des années 2000. C’est que l’Europe voit arriver sur le marché d’autres sites de rencontres mais se retrouve surtout dominée par l’entreprise Meetic (bien avant Adopte un Mec, etc.), site généraliste français lancé en 2001 et rentré en Bourse en 2004.

Cette plateforme en ligne connaît une énorme progression car Meetic fait partie des rares entreprises à s’être lancées sur le marché de la rencontre en Europe avant les autres.

Le succès du site français est aussi dû à l’investissement massif de 50 % de ses revenus dans la publicité et en nouant une centaine de partenariats en Europe avec des fournisseurs d’accès à Internet et des opérateurs de téléphonie mobile (2).

L’arrivée de Meetic en Belgique dès 2002 a dynamisé le marché, dominé jusqu’alors par le site belge Rendez-vous.be. « Cela nous a forcés à nous remettre en question, ce qui n’avait pas été le cas avec Match.com », affirme Alexandre Baudoux, le patron du site belge à l’époque dans une interview consacrée au journal La Libre (2).

La diversification des sites de rencontres

Dans la seconde moitié des années 2000, deux tendances se dégagent : d’une part, l’essor des sites de rencontres de mise en relation par affinités (matchmaking*), d’autre part, l’essor des sites communautaires (chrétiens, musulmans, juifs, martiniquais, asiatiques, russes, etc.).

Ensuite, une nouvelle tendance se profile au début des années 2010 : après la montée en puissance du site de sortie en groupe Onvasortir.com, plusieurs sites de rencontres suivent le mouvement et organisent des évènements dédiés aux célibataires (parfois appelée slow- dating). (3 ; 4 ; 5).

On trouvera également de plus en plus de sites segmentés (célibataires seniors, etc.).

Mis à part les sites de rencontres sur lesquels les utilisateurs doivent souscrire à un abonnement pour pouvoir discuter entre eux (Meetic.fr, adopteunmec.com, edarling.fr), d’autres sites gratuits émergent et offrent la possibilité de converser sans payer avec d’autres inscrits de plus en plus nombreux (chat).

En parallèle aux plateformes qui permettent de discuter selon les affinités ou l’appartenance communautaire, dès le début de l’avènement des plateformes en ligne, des sites de rencontres plus explicites (tels que Gleeden.com pour les sites adultères) se multiplient.

En 2013, 1,6 million de célibataires belges deviennent la cible des plateformes généralistes ou spécialisées de rencontres sur un marché estimé à environ 200 millions d’euros de chiffre d’affaires à l’époque (6 ; 7).

Match.com, le pionnier de la rencontre en ligne, rachète NetClub.fr en 2007 (8), puis Meetic en 2010. Aujourd’hui, Match.com est le leader du marché de la rencontre dans le monde (9).

Arrivent ensuite les applications mobiles dédiées aux rencontres qui vont surtout utiliser des « algorithmes » mathématiques et la situation géographique des utilisateurs pour sélectionner et proposer des profils.

L’arrivée des applications de rencontres

Une des premières applications à avoir utilisé le système de géolocalisation sur smartphone est l’application Grindr dédiée aux gays, dès 2009. La popularité grandissante de Grindr a rapidement mené au développement d’alternatives lesbiennes et hétérosexuelles, dont Tinder, le leader dominant dans les sociétés occidentales.

Tinder et les autres (Badoo, Happn, Fruitz, etc.) se sont notamment inspirés du concept et des mêmes technologies que Grindr pour ainsi créer la leur par la suite (10).

En 2012, l’application Tinder sort sur les plateformes mobiles de téléchargement et devient rapidement l’une des applications de rencontres les plus populaires aujourd’hui.

En s’inspirant de Grindr, Tinder a en quelque sorte réussi à démocratiser la tendance du « swipe » grâce à laquelle les utilisateurs trouvent des profils correspondant à leurs attentes en glissant simplement à gauche ou à droite sur l’écran de leur smartphone.

Une révolution technologique

Alors que les sites de rencontres en ligne fonctionnent principalement avec des algorithmes basés sur les caractéristiques et la personnalité des utilisateurs, les applications de rencontres mobiles vont également mettre en relation les utilisateurs en fonction des paramètres du compte : l’âge, le sexe et surtout les préférences de géolocalisation.

En se servant du système de positionnement mondial (GPS), les applications les plus évoluées comme Tinder ou Gindr sont conçues pour maximiser les connections sociales romantiques et sexuelles entre des individus situés à proximité, même si celles-ci mènent encore à de nombreuses désillusions.

Les sites, accessibles initialement depuis un ordinateur uniquement, suivront la tendance en adaptant leurs plateformes pour qu’elles deviennent mobile-friendly, c’est-à-dire accessibles depuis des terminaux mobiles.

Il est donc important de comprendre que ces nouveaux médias ne sont pas des moyens neutres, car ils sont développés et gérés par des industriels à des fins notamment capitalistes.

Dans son livre L’amour sous algorithme (2019), la journaliste Judith Duportail, ayant investigué pendant plusieurs mois sur Tinder, affirme que l’algorithme de Tinder favoriserait notamment la mise en relation d’hommes plus âgés avec des femmes plus jeunes, moins riches et moins diplômées.

Grâce à l’intelligence artificielle, des technologies utilisées par Amazon ou encore par la Marine américaine, il permettrait également de faire croire à une part de hasard dans les rencontres entre des inconnus, afin de favoriser leur croyance en une destinée commune. Pour en savoir plus sur les secrets de l’algorithme de Tinder, se référer au livre de Judith Duportail.

En définitive, « l’architecture d’une plateforme (sa conception d’interface, son code, ses algorithmes) est toujours le résultat temporaire de la tentative de son propriétaire d’orienter les activités des utilisateurs dans une certaine direction » (3 ; 11).

Les raisons du succès

L’utilisation accrue des smartphones

Avec plusieurs dizaines de millions de célibataires, les applications de rencontres sont en plein essor ces dernières années dans le monde entier, chacun se demandant comment choisir un site de rencontres pour rencontrer la perle rare.

Leur succès (12) provient surtout d’une généralisation d’Internet et de l’explosion de l’usage dense et fréquent d’une nouvelle génération de téléphones portables qui permettent d’accéder à du contenu numérique rapidement et d’installer des applications : les smartphones (13).

Selon le Service public fédéral (SPF) Économie, en 2012 (année de lancement de Tinder), 80 % des ménages belges disposent d’au moins un ordinateur et 78 % d’une connexion à Internet. Parmi ces derniers, un tiers utilise un GSM ou un smartphone pour se connecte pour faire de belles rencontres (14).

En 2018, le chiffre s’élève à 8,81 millions de personnes, c’est-à-dire 77 % de la population belge qui détient au moins un smartphone (15) parmi plus de 2,5 milliards de personnes à travers le monde (16 ; 17).

Facile, gratuit, pratique, utilisable de n’importe où. Pourquoi retourner sur l’ordinateur alors qu’il suffit désormais d’installer une application sur notre téléphone qui nous suit partout pour accéder à des millions de profils de partenaires potentiels ?

L’addiction aux applications de rencontres

De plus, les gens peuvent y devenir accros car les applications sont conçues initialement pour secréter dans le cerveau ce qu’on appelle la « dopamine » (18). C’est un neurotransmetteur, une molécule qui transmet des informations entre les neurones.

Elle est entre autres responsable du plaisir, de la motivation et de l’addiction (19). Comme dans les jeux, l’objectif est, en dehors du fait de gagner, d’éprouver du plaisir en y jouant. Ainsi, la recherche d’un ou d’une partenaire doit procurer autant de plaisir que la rencontre éventuelle.

Pour cela, une application comme Tinder va se baser sur le fait que le cerveau ne peut pas résister à évaluer le degré esthétique des photos d’un internaute lorsqu’un profil lui est proposé.

Contrairement à l’appétit, lorsqu’un individu a suffisamment mangé, il arrive à satiété. Le système « dopaminarchique » ne détient aucun mécanisme de satiété. Swiper sur Tinder ou une autre appli devient une activité sans fin.

Ce qui justifie le pouvoir addictif de ces services est que le système est conçu de manière à ce que le « client » reste (ou revienne), et non pas pour qu’il trouve l’amour.

Les applis de rencontres aujourd’hui

En 2020, il existe des milliers d’applications de rencontres pour tous les célibataires en quête de nouvelles rencontres ou d’amour. En passant par des applications généralistes et populaires comme Tinder, Badoo, Attractive world ou encore les français Happn et Once, on retrouve des variantes communautaires visant un public spécifique comme les fans de nourriture, les musulmans, etc.

On retrouve également au Japon des applications comme Omiai (littéralement traduit « mariage arrangé » en français) pour choisir son futur conjoint.

Contrairement aux sites sur lesquels il fallait se connecter par l’intermédiaire d’un ordinateur avant l’apparition des téléphones portables, et remplir des fiches de profils très détaillées, presque toutes les applications de rencontres sont basées sur quelques photos et une description accompagnées d’un système de géolocalisation qui fournit aux utilisateurs un accès à une grande diversité de partenaires potentiels qui se trouvent à proximité.

“L’amorce” de la rencontre repose sur l’image et sur la proximité de la personne, il n’y a donc plus de fiches de présentations à proprement parlé. C’est en cela une recomposition de la séduction classique. J’entre dans un endroit, je regarde une personne, je décide si elle m’intéresse. (20).

Malgré tous ces avantages, l’ascension des services de rencontres en ligne influence notre manière d’aborder les relations « amoureuses » mais pas toujours en bien et il devient parfois difficile de s’y retrouver dans cet imbroglio de rencontres.

En effet, nous entrons progressivement dans une ère où les gens préfèrent rester scotchés à l’écran de leur smartphone, s’attendant dorénavant à rencontrer quelqu’un sur un site ou une application, plutôt que de sortir de leur zone de confort en tentant d’expérimenter de visu le plaisir d’une première rencontre.

Et ce n’est pas l’apparition du Covid-19 et le confinement général qui inverseront la tendance, en témoigne le rapport du premier trimestre 2020 de Tinder, l’application de rencontres la plus utilisée au monde : sa croissance d’inscriptions est de 28% et ses revenus ont augmenté de 31% par rapport à l’année 2019 (21).

Malgré le succès sans cesse grandissant des services de rencontres en ligne, de nombreux utilisateurs des sites de rencontre en sortent désabusés . C’est pourquoi depuis une dizaine d’années, l’agence matrimoniale retrouve de plus en plus ses heures de gloire.

Si vous cherchez des rencontres authentiques et adaptées à votre personnalité et à vos valeurs, n’hésitez pas à contacter Easys Rencontres.

Sources :

  •  France 5. (2014, janvier 9). Rencontres en ligne : une tendance au communautaire. Consulté le 19 juin 2019, à l’adresse https://www.france.tv/france-5/la-quotidienne/
  • Vandendooren, S. (2007, 10 février). « Les sites de cœur ont la cote d’amour ». Consulté le 6 septembre 2019, à l’adresse https://www.lalibre.be/economie/entreprises-startup/les-sites-de-coeur-ont-la-cote-d-amour-51b891d6e4b0de6db9af3083
  • Bergström, M. (2019). Les nouvelles lois de l’amour. La Découverte.
  • Kaufmann, J. (2010). Sex@mour (Armand Colin). Paris, France : Armand Colin.
  • Lardellier, P. (2012). Les réseaux du cœur : sexe amour et séduction sur Internet, Paris, France : François Bourin Éditeurs.
  • Capital.fr. (2014, janvier 23). Sites de rencontre : le flirt en ligne bat son plein. Consulté le 16 août 2019, à l’adresse https://www.capital.fr/entreprises-marches/sites-de-rencontre-le-flirt-en-ligne-bat-son-plein-821742
  • Elite Dating. (2019, novembre 28). Comment faire des rencontres célibataires ? Consulté le 31 août 2019, à l’adresse https://www.elitedating.be/fr/conseils-rencontres/celibat-recherche-du-bonheur/rencontres-celibataires
  • Jonglez, A. (2007, mars 1). “Le rachat de Netclub est une étape pour devenir numéro. Consulté le 14 septembre 2019, à l’adresse http://www.journaldunet.com/0703/070301-match-netclub-rachat-jonglez.shtml
  • Puel, H. (2011, août 18). Meetic racheté par son concurrent Match.com. Consulté le 14 août 2019, à l’adresse https://www.01net.com/actualites/meetic-rachete-par-son-concurrent-match-com-537640.html
  • How tech changed the dating game. (2016, 29 décembre). The ASEAN Post. https://theaseanpost.com/article/how-tech-changed-dating-game
  • Tello Navarro, F. (2017). L’amour aux temps d’Internet : raison et émotion dans la recherche de partenaire en ligne des Chiliens (Thèse de doctorat) Consulté sur https://docplayer.es/85908475-L-amour-aux-temps-d-internet-raison-et-emotion-dans-la-recherche-de-partenaire-en-ligne-des-chiliens.htmlThomson
  • Chaire UNESCO Santé Sexuelle & Droits Humains. (2018, juin 19). Rencontres en ligne / Marie Bergström [YouTube]. Consulté sur https://www.youtube.com/watch?v=ECc6LQbJwvw&t=126s
  • Clement, J. (2019, septembre 18). Number of mobile app downloads worldwide from 2016 to 2018. Consulté le 15 septembre 2019, à l’adresse https://www.statista.com/statistics/271644/worldwide-free-and-paid-mobile-app-store-downloads/
  • STATBEL. (2013). Un PC dans 4 ménages sur 5. Consulté le 26 novembre 2019, à l’adresse http://statbel.fgov.be/fr/statistiques/organisation/dgsie/diffusion/statbel/a_la_une_archives/a_la_une_2013/tic_menages.jsp 
  • Rousseau, N. (2019, avril 30). Les Belges et le digital : tous les chiffres à savoir. Consulté le 10 septembre 2019, à l’adresse https://www.karott.be/belges-digital-chiffres-a-savoir/
  • Boittiaux, P. (2018, février 22). Infographie : It’s a smartphone world. Consulté le 14 janvier 2019, à l’adresse https://fr.statista.com/infographie/13004/its-a-smartphone-world/
  • Holst, A. (2019, octobre 29). Smartphone users by country 2019. Consulté le 25 novembre 2019, à l’adresse https://www.statista.com/statistics/748053/worldwide-top-countries-smartphone-users/
  • Arte. (2019, septembre 18). Dopamine (1/8) – Tinder [Vidéo]. Consulté le 11 octobre 2019, à l’adresse https://www.arte.tv/fr/videos/085801-001-A/dopamine-1-8/
  • Braunstein, N. A. (2013). Donne-moi ta dopamine ? ta libido. Savoirs et clinique, 16(1), 160. https://doi.org/10.3917/sc.016.0160
  • Conti, J. (2015, janvier 30). L’amour sous le règne de Tinder. Consulté le 14 août 2019, à l’adresse https://www.letemps.ch/no-section/lamour-regne-tinder

Matchgroup. (2020, 5 mai). Match Group Reports First Quarter 2020 Results. Consulté le 5 juin 2020, à l’adresse https://s22.q4cdn.com/279430125/files/doc_financials/2020/q1/MTC